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Voyager seule en Inde - Voyage Inde - Kérala Inde du Sud - Cap Comorin - Train à Bombay - Car Inde - Seule à Bombay - Goa - Les Backwaters du Kérala

ART. N° 27. LA MOUSSON

Le dimanche suivant, goûtant au plaisir d’une grasse matinée, un bruit effrayant me réveille, instinctivement je cours sur le balcon, des martèlements et des grincements de disqueuses ! Juste sous le balcon, Peter bricole un petit hangar avec un toit en zinc. Quelle malchance !      

Dans une accablante humidité, de gros nuages noirs arrivent de la mer. Peter se démène pour bâcher son hangar d’un épais plastique bleu maintenu par de gros cailloux. Mes petites voisines rangent tous les objets qui se trouvent à l’extérieur, bâches également leurs fenêtres.

 Soudain, des éclairs fendent le ciel devenu noir suivi d’un énorme brondissement, un de ses bruits qu’on ne croirait jamais qu’il en existe, m’explosant les tympans en faisant trembler la terre. Un vent de tempête arrive vers moi ballottant les fenêtres, je me hâte de les fermer.  Impressionnée, à part en montagne, je n’avais jamais vécu un orage si violent. L’orage disparait aussi vite qu’il est arrivé sans une goute de pluie et la lumière du soleil embrase de nouveau la nature assoiffée.
 

Il y a de fausses alertes, des vents subitement levés et retombés, des grondements au bout de l’horizon, des foudres sèches, des cieux noirs en plein midi. Car la pluie n’aime pas à se donner d’un coup, elle a dit patience, c’est la loi des choses, la danse du désir avant l’offrande de la vie. Elle commence par une averse, une belle ondée allègre qui rafraîchit l’air faisant fumer la terre.
Puis la chaleur revient pour un jour, une nuit, le sol racorni se fendille encore, il semble prêt à retourner ce qu’il était depuis des mois, une plaie vive offerte à une combustion dont on ne voit pas la fin.
Eclate alors un autre orage, plus fort que le premier, l’eau commence à détremper la terre. La pluie lui laisse un répit, mais plus bref, car le ciel lâche vite une nouvelle averse qui, celle-là abreuve sans retenue le paysage.

En descendant de ma chambre, Peter m’expose fièrement les travaux de son hangar de fortune, les fortes pluies de la mousson approchant et les noix de cocos chutent sur sa petite auto bien soignée.

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